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 Le patrimoine marocain en péril

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Naima
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MessageSujet: Le patrimoine marocain en péril   Sam 23 Jan - 2:15

Le patrimoine marocain en péril


Etat des lieux et stratégie nationale pour la sauvegarde de l'héritage national.

Si la richesse du patrimoine marocain n'est plus à démontrer, il n'en va pas de même de sa conservation. Les monuments, les médinas, les sites archéologiques qui sont les empreintes vivantes de notre civilisation et de la mémoire collective sont aujourd'hui plus que jamais en danger.


La conférence donnée à Rabat mercredi à l'Institut national des sciences de l'archéologie et du Patrimoine (INSAP) par le professeur et architecte Abdelatif El Ajjami, fait état de la dégradation alarmante de ce patrimoine, interroge sur son devenir et propose des solutions empiriques relevant d'une stratégie nationale, désormais indispensables à la conservation, à la sauvegarde et à la valorisation de cet héritage millénaire. «Les changements sociaux, technologiques et politiques contemporains ont produit un contexte nouveau qui a conduit à la dégradation de notre tissu ancien, à savoir les médinas, les villages ruraux historiques, les ksars et les kasbahs, les villages et les centres-villes coloniaux, ainsi que les constructions urbaines néo-traditionnelles», explique le professeur El Ajjami. Ces changements se sont traduits par un nouveau mode de gestion urbaine des tissus traditionnels et par l'incapacité de l'Etat à tracer des perspectives d'adaptation et d'évolution eu égard à ce patrimoine malgré les textes de protection existants. Il s'en est suivi des espaces urbains ou ruraux marginalisés et des foyers à risques, en particulier dans les médinas devenues le refuge d'une population parmi les plus pauvres des zones urbaines.

Les centres-villes coloniaux quant à eux ne répondent plus aux besoins et à la demande actuelle en matière de services auprès de la population et perdent de leur caractère urbain historique en raison de la rénovation spéculative. Conséquence de cette absence de plan gouvernemental national, l'ensemble de ce tissu ancien s'est trouvé affecté par une lente et implacable dégradation qui s'explique par l'abandon d'un certain nombre de bâtiments de référence, leur usage inadapté, la surexploitation mais aussi la forte sollicitation voire la spéculation auxquelles on les a exposés, qui a entraîné un certain nombre de démolitions ou menacent ruine.

Un processus de restauration a bien été mis en place, concède le professeur El Ajjami, mais l'approche ayant été sectorielle, cette politique de réhabilitation reste velléitaire, ponctuelle et inefficace. La restauration est un vaste programme qui requiert un travail scientifique et, ce faisant, des laboratoires spécialisés, du personnel scientifique, des entreprises qualifiées qui, de concert, doivent identifier les problèmes, les résoudre et éviter qu'ils ne resurgissent. Or, déplore, le professeur, «c'est encore loin d'être le cas. Les restaurations se font au coup par coup sans rationalisation, sans recherche de la qualité ; le traitement reste donc de façade. 20 millions ont déjà été investis dans cette entreprise, cependant à peine 5% du bâti patrimonial a été pris en charge alors qu'il faudrait réhabiliter 250 000 constructions patrimoniales et certains monuments restaurés sont de nouveau exposés à la dégradation ou menacent ruine». Il est plus que temps d'adopter une stratégie nationale qui permette la prise en charge durable des tissus anciens. Mais cette stratégie, pour être réussie, passe avant tout par une vision partagée et prospective des tissus anciens ainsi qu'une reconnaissance institutionnelle et sociale de ce patrimoine.

«C'est en menant des actions ponctuelles intégrées assorties de mesures coercitives et des mesures incitatives que l'on pourra induire une prise en charge collective et individuelle du patrimoine historique et en faire des lieux de vie et d'attraction à l'échelle locale et internationale», souligne El Ajjami. Afin que le processus de sauvegarde et de développement soit véritablement efficace, poursuit-il, une coordination transversale s'impose, impliquant un encadrement technique, juridique et institutionnel suffisant ainsi qu'une harmonisation des actions des différents départements et acteurs (Etat, collectivités locales, associations, personnes privées,…) autour d'un cadre de référence commun. Le professeur El Ajjami aura rappelé, si besoin est le rôle du patrimoine au plan historique, culturel et le formidable levier de développement socioéconomique local qu'il constitue si tant est qu'une prise en charge globale nationale est menée, en synergie avec les chantiers prioritaires du Royaume.


Le patrimoine en chiffre
Les tissus anciens urbains et ruraux constituent un patrimoine inestimable pour le Royaume : une trentaine de médinas et une vingtaine de villes nouvelles (coloniales), des milliers de villages ruraux, de ksours et de kasbahs s'étendant sur près de deux mille kilomètres. ? Ce patrimoine d'une grande qualité architecturale et urbaine abrite une population estimée à cinq millions d'habitants. Il compterait plus de 250.000 édifices dont 230.000 demeures et 20.000 équipements sociaux, éducatifs et culturels.

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