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 Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale

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Naima
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MessageSujet: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Mer 9 Jan - 9:03

Le khôl a plusieurs atouts. La modernité s'en est accommodée. Symbole de la beauté orientale, il demeure donc le meilleur des produits de beauté.

Le khôl est toujours utilisé par les femmes d'hier et d'aujourd'hui. Un peu d'histoire pour mieux apprécier cet incomparable produit de beauté. Le khôl en poudre existe depuis l'époque des Egyptiens qui excellaient dans la fabrication des fards. Il a, ensuite, été repris par les Arabes et les Berbères. Au Maroc, on obtient cette poudre en broyant du sulfure d'antimoine, un minéral extrait des roches montagneuses de l'Atlas. Il est naturellement noir ou gris. Figurant en bonne place parmi les produits de beauté adulés par la femme marocaine, il est utilisé par les femmes de tout âge. À l'époque de nos grands-mères, c'était un atout majeur de séduction. Lorsqu'elle sortait voilée, les gens ne pouvaient apercevoir de la femme que ses yeux bordés de khôl.

Un proverbe arabe dit que «l'œil est un arc dont les flèches atteignent toujours leur cible». Comment dès lors nier le soupçon de coquetterie, de beauté et de mystère qu'un simple trait de khôl, sur ou sous la paupière, peut ajouter à une personne ! Quand la femme met du khôl, elle aspire toujours à ce qu'on la compare à la gazelle aux grands yeux bordés de noir.
Pour l'application du khôl, la femme coquette effectue un merveilleux ballet de gestes. Elle introduit le «merwad», fin bâtonnet en bois lisse, dans le flacon de khôl puis le fait tourner deux ou trois fois. Après, elle le retire pour le glisser lentement, dans un mouvement gracieux entre ses paupières mi-closes pour obtenir un regard de braise et enflammer le cœur des hommes.


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Dernière édition par le Mer 9 Jan - 9:08, édité 1 fois
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Naima
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Mer 9 Jan - 9:07

Les outils de Khol


Le Charme féminin
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tamzilte
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Jeu 16 Oct - 6:13


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tamzilte
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Jeu 23 Oct - 10:30

Sur les traces du Khôl


Le khôl est toujours utilisé par les femmes d’hier et d’aujourd’hui. Un peu d’histoire pour mieux apprécier cet incomparable produit de beauté. Le khôl en poudre existe depuis l’époque des Egyptiens qui excellaient dans la fabrication des fards. Il a, ensuite, été repris par les Arabes et les Berbères. Au Maroc, on obtient cette poudre en broyant du sulfure d’antimoine, un minéral extrait des roches montagneuses de l’Atlas. Il est naturellement noir ou gris. Figurant en bonne place parmi les produits de beauté adulés par la femme marocaine, il est utilisé par les femmes de tout âge.

À l’époque de nos grands-mères, c’était un atout majeur de séduction. Lorsqu’elle sortait voilée, les gens ne pouvaient apercevoir de la femme que ses yeux bordés de khôl.

Un proverbe arabe dit que «l'œil est un arc dont les flèches atteignent toujours leur cible». Comment dès lors nier le soupçon de coquetterie, de beauté et de mystère qu’un simple trait de khôl, sur ou sous la paupière, peut ajouter à une personne ! Quand la femme met du khôl, elle aspire toujours à ce qu’on la compare à la gazelle aux grands yeux bordés de noir.

Pour l’application du khôl, la femme coquette effectue un merveilleux ballet de gestes. Elle introduit le «merwad», fin bâtonnet en bois lisse, dans le flacon de khôl puis le fait tourner deux ou trois fois. Après, elle le retire pour le glisser lentement, dans un mouvement gracieux entre ses paupières mi-closes pour obtenir un regard de braise et enflammer le cœur des hommes.

Côté production, au Maroc, seules les femmes sont habilitées à fabriquer le khôl. Izza fait partie de celles qui excellent en la matière. C’est une femme d’un âge avancé au visage buriné par les années. Son lieu de commerce est une vieille petite tente, plantée dans une petite ruelle de Derb Moulay Chérif à Casablanca. Izza est là, assise, entourée de bassines en fer. Elle attend ses clientes. Ses récipients contiennent des produits naturels qu’elle prépare elle-même et dont elle garde jalousement le secret de fabrication. En plus du khôl, il y a également du « sewak » et du henné. Lorsqu’une cliente l’interroge sur la composition du khôl, Izza manifeste sa réticence. Elle préfère répondre simplement qu’elle le prépare elle-même et suivant la tradition ancestrale. Izza ose quelques explications sans entrer dans les détails. «Je prends l’hajra (l’antimoine), je la broie et j’y ajoute des plantes que j’ai choisies et pilées moi-même». Mais impossible d’en savoir plus.

Plus loin, Mohamed, un jeune herboriste nous aidera à dévoiler le mystère des plantes qui entrent dans la préparation du khôl. «Les plantes que les femmes ajoutent à leur khôl diffèrent selon chacune. Mais la plupart des ingrédients utilisés sont les noyaux d’olives, les noyaux de dattes, les clous de girofle, le gingembre, le poivre blanc, la sarghina, la hdida hamra, la hdida zarka, de la nila fassia et d’autres matières minérales ou végétale», précise-t-il.

Pour un complément d’informations concernant le rituel de préparation du khôl, petit détour du côté des herboristes de Souk Jmia à Derb Soltan. Là, une vieille femme qui vend des produits de beauté naturels, livre sans hésitation le secret de la préparation de la potion noire aux reflets métallisés. «Tout d’abord, la femme qui fabrique le khôl doit être ménopausée. La préparation se fait un jour sans nuages. Elle prend en premier lieu, l’hajra (l’antimoine) qu’elle peut acheter ici à Souk Jmia chez les herboristes. Après, elle la broie finement dans un pilon en cuire.

Puis, ce sera au tour des plantes choisies soigneusement et qui ont été carbonisées partiellement dans un tajine en terre. Par la suite, elle les pile finement dans le pilon en cuire et elle les mélange à l’antimoine broyé. Elle y ajoute une petite goutte d’huile d’olive. Enfin, elle prend un tissu très fin comme un morceau de bas collants et commence à tamiser la préparation en la frottant bien avec deux doigts pour faire passer le plus fin de la préparation à travers le tissu».

Hafida ajoute qu’ «il faut faire la différence entre le khôl piquant qui a une teinte noir et le khôl non piquant ou “messouss“ qui a des teintes allant du gris au bleu-vert». Le premier est celui auquel on a ajouté des plantes. Le second, c’est juste de l’antimoine broyé. Hafida qui en connaît un rayon sur le khôl conseille de l’utiliser surtout le matin. «Il ne faut pas l’utiliser le soir avant d’aller se coucher parce qu’ainsi, il brouille la vue». Il faut néanmoins préciser, que les plantes utilisées dans la composition du khôl au Maroc varient d’une région à l’autre. Par exemple, dans le khôl sahraoui on trouve «Oud dafla» ; ce qui n’est pas le cas pour le khôl marrakchi ou souiri.

Autre astuce que Hafida nous a dévoilée : «ce qui rend le khôl piquant et fait larmoyer les yeux n’est rien d’autre que le poivre blanc». Elle nous a également mis en garde contre le khôl auquel on ajoute des torchons brûlés, difficile à reconnaître.
Mais actuellement, pour obtenir de beaux yeux ensorceleurs, les femmes utilisent le khôl « nouvelle version ». Il s’agit, bien évidemment, du « crayon noir » ou de ce qu’on appelle «le khôl crayon ». Ce dernier consiste en une mine dure plus ou moins grasse incluse dans un tube en bois. Il ressemble énormément au crayon d’écriture. Le «crayon khôl» est un produit gras sans eau qui contient pigments et substances grasse. Il s’utilise comme le khôl en poudre et est disponible en plusieurs teintes (vert, rose, etc.).
Contrairement au khôl traditionnel, il fait l'objet de contrôles très rigoureux, mais il n’est nullement fabriqué d’après les mêmes recettes et conformément aux mêmes méthodes.
En tous les cas, les femmes modernes ont tendance à l’utiliser parce qu’il est facile à appliquer. «Le crayon est moins salissant que le khôl traditionnel. Pour cette simple raison, je ne me hasarde pas à appliquer le khôl des grands-mères», témoigne une amatrice de ce crayon dont la couleur noire ressemble à celle du khôl.

Mais, beaucoup d’entre elles affirment que le crayon ne vaut pas le charme du khôl et que c’est en raison du manque de temps qu’elles l’utilisent. Par contre, pour Ramadan, elles le délaissent pour revenir au khôl traditionnel. Outre son utilisation dans le maquillage, le khôl est considéré depuis toujours comme ayant des vertus médicinales. Les gens l’utilisaient contre les méfaits du climat chaud et sec sur les yeux. Et, les gens du désert, hommes et femmes, l’appliquaient sur leurs yeux pour les protéger des réfractions de la lumière émises par le sable.

Le khôl fait également référence de médicament pour prévenir des maladies oculaires. Les ophtalmologues conviennent que c’est un anti-infectieux. D’autant plus que l’avis médical n’interdit pas son utilisation, mais conseille de ne pas partager le «merwad» parce qu’il peut véhiculer des infections oculaires. Toutefois, on sait que les femmes l’appliquent dans certaines occasions aux nouveau-nés. Selon leurs dires, le khôl est antimicrobien et cicatrisant. Ainsi, elles l’appliquent sur le moignon du cordon ombilical du bébé et sur ses yeux et sourcils afin que ces derniers soient bien fournis.
Parmi ses autres vertus non prouvées, il favorise la coagulation sanguine et stimule la digestion. Potion magique aux multiples vertus et symbole de la beauté orientale, le khôl demeure, à ce titre, le roi des produits de beauté de la femme ! [/color]

Source : Aujourd'hui le Maroc
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tamzilte
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Mar 28 Oct - 9:22

Pierre de beauté

C'est en fait toujours un outil du quotidien pour le charme de la femme. On y moud le "kohl" servant à souligner le regard des dames. Cette pièce appartient au musée Kabbout.
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tamzilte
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Mar 28 Oct - 9:23

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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Mar 28 Oct - 9:26

Maquillage chez la femme amazighe


"Tazolte" est fondamentale dans le maquillage de la femme amazighe
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Sam 9 Jan - 10:25

Les femmes et le khôl



Le khôl, fard oriental qui sublime l'oeil en lui donnant du mystère, a toujours fasciné... "Tout le monde connaît le charme de ces yeux orientaux dont l'éclat s'augmente de cette ligne noire due à l'emploi du khôl, en usage dans tout le Levant. Cette invention donne à l'oeil un attrait tout particulier, je ne sais quoi de léonin et d'un peu farouche qui anime ces petites mines douces et régulières" disait Eugène Delacroix. La légende en fait un présent de Dieu : quand l'éclat du Seigneur parut sur le mont du Sinaï, il embrasa la montagne entière et en calcinant toutes ses pierres, les transforma en khôl... Le khôl est une fine poudre dont la couleur varie du bleu nuit irisé au noir profond en passant par le gris anthracite. Elle est obtenue en broyant de l'antimoine, un minéral métallisé.

Les vertus du khôl

Le khôl était appliqué à des fins purifiantes, pour soigner des conjonctivites, des irritations et des rougeurs de l'oeil. L'utilisation du khôl chez les peuples orientaux avait donc, d'abord, une raison pratique : il était réputé protéger des infections oculaires, mais aussi du vent sablonneux et de la lumière ardente du désert. D'ailleurs, les hommes et les enfants (bédouins, berbères et touaregs en particulier) l'utilisaient aussi. Au septième jour d'un nouveau-né, la sage-femme mettait du khôl au bébé, afin de protéger ses yeux fragiles des piqûres d'insectes et les conjonctivites. Et sur un autre plan, le khôl n'a pas son pareil pour intensifier le regard ! Dernier rempart de séduction des femmes du Ajjer (touaregs), les yeux étaient la seule partie du visage qu'elles pouvaient découvrir. Il n'y avait pas de femme qui n'eût en sa possession une de ces fioles remplies de poudre noire.

L'application du khôl

La femme orientale fait glisser adroitement le bâtonnet sur sa paupière inférieure en la tirant vers l'extérieur, les yeux clos de préférence, pour que le fard s'estompe et donne aux yeux un aspect velouté. La fine poudre noire recueillie était enfermée dans de petites fioles, appelées Mekhal. Ces fioles étaient fabriquées dans des matières aussi diverses que le verre, le plomb, le cuivre, l'argent ou l'or pour les plus riches... le Mekhal étant considéré comme un accessoire de luxe. La femme orientale appliquait le khôl à l'aide d'un bâtonnet à l'embout arrondi, le Meroued, en bois, ou mieux, en mérold, c'est-à-dire fabriqué à base de corne de mouton.


La préparation du khôl

La recette de cette poudre varie de l'Irak au Maroc, chaque région et chaque femme avait sa propre recette, ses propres secrets. L'une des recettes classique consistait à mélanger en proportions égales du sulfate de cuivre, de l'alun calciné, du Zenjar (carbonate de cuivre) et quelques clous de girofle, puis de réduire les différents ingrédients dans un mortier. Au Maroc, on y ajoutait quelques gouttes d'huile d'olive pour le rendre plus doux à l'application. Puis on recueillait la poudre dans un vase en terre, que l'on exposait à une petite flamme. Après quoi, on la tamisait à travers un fin mouchoir. Il en fallait jadis du travail et de la minutie pour arriver à obtenir la précieuse poudre noire...

Source: orientale.fr
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tamzilte
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Sam 9 Jan - 10:29

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tamzilte
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Sam 9 Jan - 10:30

Les vertus cachées du khôl égyptien


Toutankhamoun


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tamzilte
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MessageSujet: Re: Khol ou Tazolte Symbole de la beauté orientale   Sam 9 Jan - 10:33

tamzilte a écrit:
Les vertus cachées du khôl égyptien

L'art médical, dans l'Egypte ancienne, faisait déjà l'objet d'une codification poussée. En témoigne le papyrus Ebers, trouvé en 1862 à Louxor. Long de 20 mètres sur 30 centimètres de large, il rassemble en 877 paragraphes la connaissance déjà accumulée entre les XVIIe et XIVe siècles avant l'ère chrétienne (selon les datations). Ainsi de l'ophtalmologie : "Autre (remède), pour chasser l'exsudat-khent qui est dans les yeux : galène : 1/32 ; suc de baumi r : 1/16 ; calamine : 1/16 ; ocre rouge (tjerou) : 1/64 ; minéral-sia du Sud : 1/64. (Ce) sera broyé finement, préparé en masse homogène, et placé dans les yeux jusqu'à ce qu'ils guérissent parfaitement." (Traduction de Thierry Bardinet, 1995.)

Toute la difficulté, pour les chercheurs qui souhaiteraient vérifier l'efficacité de ces remèdes - et s'en inspirer, comme certains le font à travers l'ethnopharmacologie -, est de déterminer la nature exacte des multiples ingrédients cités dans ces manuscrits. La chimie moderne peut les y aider, comme le prouve une aventure scientifique de longue haleine, conduite par des équipes françaises, et qui vient de trouver son épilogue dans la revue Analytical Chemistry de janvier. Elle aboutit à la conclusion que le plomb qui entrait dans la composition des khôls, loin de menacer la santé des Egyptiens - comme le laisserait supposer la toxicologie moderne -, leur assurait au contraire une protection contre les infections oculaires.

"Nous sommes partis des flacons" : il y a dix ans, Philippe Walter (Centre de recherche et de restauration des musées de France-CNRS) et ses collègues avaient analysé les résidus trouvés dans des dizaines de "trousses à maquillage" tirées des collections égyptiennes du Musée du Louvre. Ils avaient montré que quatre composés à base de plomb entraient dans la composition de ces khôls : la galène, qui assure les tons noirs et le brillant, ainsi que trois matières blanches, la cérussite, la phosgénite et la laurionite. La présence de ces deux derniers composés constituait une surprise, car ils n'existent pas à l'état naturel.

En revanche, des auteurs comme le Romain Pline l'Ancien (23-79 après J.-C.) ou le Grec Dioscoride (40-90 après J.-C.) indiquent qu'ils étaient synthétisés intentionnellement pour leur propriété médicale, rappelle Philippe Walter. "Certains écrasent une livre de sel avec une quantité égale d'écume d'argent (oxyde de plomb ou litharge), sous le soleil, avec de l'eau continuellement décantée, jusqu'à ce qu'elle devienne blanche", précisait même ce dernier dans son De materia medica. Durée des opérations : quarante jours...

Philippe Walter et sa collègue Pauline Martinetto ont suivi la recette et ont bien abouti à la production de laurionite. Avec un mélange de sel et de natron, un carbonate de sodium aussi utilisé dans la momification, on obtient la phosgénite. Mais que l'on s'écarte un tant soit peu du taux d'acidité voulu, et de tous autres composés dériveront de cette "chimie douce", à base de solutions non chauffées (Le Monde du 7 février 1999).
Les Egyptiens, lorsqu'ils cernaient leurs paupières de ces fards sombres, si complexes à formuler et à obtenir, faisaient-ils seulement preuve de coquetterie ? Ou cherchaient-ils par là à se protéger des multiples infections microbiennes qui les menaçaient, dans un environnement de marais gonflés par les respirations du Nil ?

"Il faut noter que l'ensemble de la population, hommes, femmes et enfants, de toutes classes sociales, employaient ces cosmétiques", rappelle Philippe Walter. Et deux millénaires plus tard, les Romains avaient, semble-t-il, retenu la leçon, indique le chercheur : "On s'en sert pour les collyres, et en pommade pour faire disparaître chez les femmes les cicatrices disgracieuses et les taches de la peau, et pour se laver les cheveux", écrivait ainsi Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle.

Pour tester les vertus prophylactiques des composés de plomb, les chercheurs du Louvre se sont associés aux chimistes de l'équipe de Christian Amatore (ENS, CNRS, université Pierre-et-Marie-Curie). "Quand Philippe Walter m'a parlé de cet aspect médical, j'ai pensé que les ions plomb ressemblaient à ceux du calcium, et qu'ils pouvaient induire une confusion biochimique vis-à-vis des cellules", raconte celui-ci. Les ions calcium sont eux-mêmes impliqués dans l'activation des défenses immunitaires. Se pouvait-il que le plomb du khôl joue le même rôle ?
Pour valider cette hypothèse, Issa Tapsoba, de l'équipe de Christian Amatore, a utilisé une "synapse artificielle", capable de flairer les moindres composés émis par une cellule soumise à un stimulus (lire ci-dessous). En l'occurrence, il a testé la réponse de dizaines de kératinocytes, des cellules de peau humaine, à des bouffées de diverses concentrations de laurionite. "Ces cellules étaient effectivement stimulées, et émettaient jusqu'à 2,5 fois plus de monoxyde d'azote", résume Christian Amatore. Or le monoxyde d'azote est un composé qui induit la dilatation des capillaires, ce qui aide les macrophages, ces cellules tueuses de microbes, à accéder au lieu d'infection éventuel.

"Cela confirme le rôle protecteur de ce maquillage, qui n'était pas disposé sur les cils, mais sur l'épaisseur même de la bordure de la paupière. Si bien qu'à chaque fois que l'on fermait l'oeil, celui-ci était balayé par l'onguent", explique Christian Amatore. Selon lui, il faut imaginer les Egyptiens avec les yeux injectés de sang, le système immunitaire non spécifique sans arrêt en éveil : "S'il y avait en permanence des "patrouilleurs" macrophages dans l'oeil, les bactéries n'avaient aucune chance", avance-t-il. Resterait, pour parfaire la démonstration, à tester in vivo l'efficacité de la recette égyptienne en présence de bactéries. "Sur le plan éthique, ce serait irrecevable", rappelle Christian Amatore
Faut-il supposer que les Egyptiens avaient conscience du mécanisme en jeu ? "Pas plus que les peuples qui se soignaient avec de l'écorce de saule ne savaient qu'ils ingéraient en fait de l'aspirine", répond Christian Amatore. Pour autant, il faut bien envisager que l'usage d'une chimie synthétique élaborée à des fins médicales n'a pas été fortuit. "Ont-ils fait des expériences ?, s'interroge Philippe Walter. Nous ne le saurons jamais."
Etaient-ils conscients qu'en utilisant le plomb de façon moins parcimonieuse, ils se seraient exposés à d'autres maladies, comme c'est le cas de certains enfants d'aujourd'hui, quand ils ingèrent le surma (un khôl indien) qui a coulé sur leurs mains ? C'est probable. Des siècles plus tard, l'héritier de la sagesse égyptienne, Pline l'Ancien, avait noté que les femmes employaient le carbonate de plomb "pour se blanchir le teint". Mais il précisait bien que "prise à l'intérieur, la céruse est un poison, comme l'écume d'argent".


Hervé Morin

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