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 Récit : Histoire d'une illumination

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Naima
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MessageSujet: Récit : Histoire d'une illumination   Sam 12 Jan - 11:18

«Sur la voie d'Ibn Al-‘Arabi, les révélations de Fès et Marrakech » de Mehdi de Graincourt



«Ibn al-Arabi fut un témoin et un acteur majeur de la recherche théologique et mystique. Il sut en son temps rapprocher les deux grands courants de l'Islam, exotérique et ésotérique, jusqu'alors en conflit.

Il enseigna que le Judaïsme est la religion de l'espoir, le Christianisme la religion de l'amour et l'Islam la religion de la foi», écrit Jibraîl Mandel Khân, chef d'une confrérie soufie en Italie, écrivain et professeur multidisciplinaire, en guise d'introduction à ce beau livre, édité chez Senso Unico sous le titre « Sur la voie d'Ibn al-‘Arabi, les révélations de Fès et de Marrakech » et signé Mehdi Graincourt.

Issu d'une famille de l'ancienne noblesse française, psychanalyste disciple de Jung, Mehdi de Graincourt est né au Burkina Faso de parents voyageurs. Son intérêt pour la spiritualité et le mysticisme le conduit à effectuer de nombreuses retraites de méditations et de recueillement à la manière des soufis dans le silence des monastères comme dans les mosquées ou des synagogues, là où il a le sentiment d'être proche de Dieu, indifféremment de la religion.

Ce qui le conduit tout naturellement à la découverte d'Ibn al-Arabi dont il devient le disciple. D'où cet ouvrage conçu comme une biographie romancé du grand mystique andalou du 12e siècle. Mehdi de Graincourt et persuadé d'être guidé et inspiré par le maître lui-même : « L'écriture de ce livre a une longue histoire, depuis qu'Ibn al-Arabi s'est présenté à moi en rêve, il y a environ vingt ans. C'est lui qui m'a entraîné au Maroc où, comme il me le demandait, j'ai rédigé un premier ouvrage, Mehdi, l'initiation d'un soufi». C'est donc sous la dictée du maître que Mehdi de Graincourt, en secrétaire docile et obéissant, rédige ces pages.

Nous n'avons pas d'autres choix que de le croire, et de croire aussi que c'est la voix du maître qui s'adresse à nous à travers ce texte. D'où la narration à la première personne du singulier où Ibn al-Arabi en personne se raconte, raconte son enfance, son cheminement mystique, mais surtout nous plonge dans son époque, terrible époque, une fin d'époque faite de violence sur fond de déclin et de décrépitude de la brillante civilisation musulmane d'Andalousie. C'est aussi une période d'interrogation et d'inquiétude angoissante sur le sort de l'Islam et des musulmans partagés entre plusieurs petites royautés de plus en plus affaiblies par des guerres intestines et cernées par les royaumes chrétiens menaçant et de plus en plus téméraires.

Nous sommes au 12e siècle, le pouvoir des Almoravides qui avait élargi sa domination en Andalousie, en déclinant, a cédé la place aux Almohades dont l'intransigeance dogmatique et sectaire ajoute à la confusion générale, conduisant au cours du siècle à la disparition l'un après l'autre des royaumes musulmans.

C'est dans cette atmosphère oppressante qu'est né Ibn al-Arabi en 1165, et dans cette même atmosphère désormais qu'il lui sera donné d'évoluer à travers le reste de Dar al Islam, en Syrie particulièrement où il s'établit et où la menace mogole, celle qui mettra fin à la grande civilisation arabe, se fait de plus en plus précise.
On retrouve cette atmosphère tout au long de ce livre où par de brèves allusions, l'auteur nous met dans les dispositions mentales et psychologiques de la société andalouse de l'époque qu'on devine rongée par l'angoisse terrible des lendemains incertains, terreau fertile pour le retour en force de toutes les superstitions, de toutes les croyances irrationnelles et magico-religieuses dans une société qui cultive le rationalisme, l'amour pour la philosophie, les sciences et les belles lettres.

Loin d'être un traité d'histoire, le texte de Graincourt se veut une chronique d'une vocation mystique, ce que les soufis appelle la Voie, de l'un des plus grands d'entre eux, Ibn al-Arabi. On n'est plus en présence d'un homme ordinaire que la piété et la ferveur mystique gagnent au fil de l'âge, mais d'une prédestination, d'une élection à la prophétie : « Soudain, un ange sorti de la lumière s'avança vers moi et (les diables) repoussa. C'était un être d'une grâce et d'une beauté indicible (…) Je voulus le toucher, il n'avait pas de consistance. Soudain, les diables revinrent, et se jetèrent sur moi (…) Cela ne dura pas, car l'ange leva vers eux un glaive et les écarta (…) alors l'ange s'approcha tout près de moi, je sentais son souffle sur mon visage (…) il me sourit avec un amour immense . « Qui es-tu ? », lui demandais-je. Il répondit : « Je suis la sourat Ya Sin, je te protège ! Allah a pour toi d'autres desseins que de mourir. »

Le livre foisonne de ces péripéties où Ibn al-Arabi tutoie les anges et les diables, les prophètes et les saints, et dans l'intermède, fait des miracles, parle aux animaux et aux arbres, soigne les lépreux rien qu'en passant sa main sur leur tête ou en lisant une sourat du Coran. Chez Graincourt, notre soufi est une sorte de croisement entre Moïse, Jésus et Mohammed. Face à un tel prodige, Ibn Ruchd, son contemporain, n'avait qu'à aller se rhabiller.

Voici un dialogue entre les deux hommes : Ibn Ruchd : « Toi qui es sur la Voie, toi qui a reçu de Dieu l'illumination, dis-moi si ce que tu as découvert est semblable au résultat de mes longues recherches ». Ibn al-Arabi : « Oui et non ! Entre le oui et le non, les esprits s'envolent des corps. Oui, car celui qui a compris par la spéculation de l'esprit appréhende Dieu tout comme celui que Dieu a éclairé de sa lumière. Mais non car la connaissance du philosophe disparaît avec la mort de son corps, tandis que celui qui a reçu l'illumination est déjà dans le monde divin et ne meurt jamais ».

C'est un Ibn al-Arabi bien pauvre et en somme bien décevant dont Mehdi de Graincourt veut nous convaincre, un Ibn al-Arabi tel qu'il est galvaudé par les « livres jaunes » qui jonchent les étalages dans les souks populaires et que colportent les saltimbanques des halqa de Jamâa Lafna depuis des siècles.
L'humaniste qu'il fut, l'homme de paix et d'ouverture sur les autres religions ; de la transcendance spirituelle sur les contingences de la vie est totalement absent dans ce livre.
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Qui est De Graincourt ?
Mehdi de Graincourt est né au Burkina-Faso de parents voyageurs, l'auteur est issu d'une famille de la noblesse française que Proust évoque dans sa “Recherche du temps perdu”. Le monde a donc été son berceau, et son éducation à l'ancienne s'est faite dans un univers cultivé et lettré. Il poursuit ses études supérieures à Paris, licence d'audiovisuel, maîtrise d'Allemand puis de psychologie, Son intérêt pour la mystique le conduit à effectuer de nombreuses retraites spirituelles, aussi bien dans le silence et le recueillement des monastères qu'au cœur de l'existence, au plus proche des êtres, dans la Cité des morts du Caire, où il rencontre Sœur Emmanuelle et Naguib Mahfouz.

Sa découverte d'Ibn Arabi le pousse à venir s'installer au Maroc. Devenu “Mehdi” par un acte officiel, il y rédige son premier livre, sous l'influence du shaykh al-akbar, invisible, qui lui-même a séjourné dans cette ville, au XIIe siècle.


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