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 Enquête: Le boom des festivals au Maroc

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MessageSujet: Enquête: Le boom des festivals au Maroc   Jeu 3 Juil - 2:58

Les dessous d'une programmation saisonnière foisonnante


Tanjazz, Jazz au Chellah, Mawazine, Festival de Fès des musiques sacrées du monde, L'Boulevard, Gnaoua et musiques du monde, Timitar, Alegria Chamalia, Casa Music, Voix de femmes….la saison des festivals a déjà commencé depuis quelques semaines et ceux dédiés à la musique se multiplient d'année en année.



Chacun son intitulé, son thème et ses valeurs. Ils ont tous pour objectif de créer une ambiance de fête dans les différentes villes du Maroc.
Cela fait une dizaine d'années que la scène artistique marocaine connaît un véritable boom de festivals. « Ce mouvement ne peut être que positif pour nous. Cette vivacité prouve l'implication des pouvoirs publics et des sociétés privées dans la chose culturelle. Cela montre une prise de conscience générale sur la nécessité des festivals. Il faut dire qu'il y a des régions qui ne vivent que des festivals», explique Hicham Abkari, directeur artistique de Casa Music.

De cette manière, les noms de certaines villes sont devenus indissociablement liés aux festivals qu'elles abritent et leur ont même donnés une renommée internationale. Cette célébrité, nos cités ne la doivent pas uniquement à la musique. Le cinéma y a contribué largement. Ainsi, chacune acquiert une célébrité au regard du ou des festivals qu'elle abrite: Tanger et le film national, le court métrage et Tanjazz, Tétouan et le cinéma méditerranéen et plus récemment Voix de femmes, Chaouen et son Alegria Chamalia, Marrakech et le festival international du film ou celui des arts populaires, Agadir et le cinéma de l'émigré et Timitar, Khouribga et son festival africain et celui d'Abidat Rma, Casablanca et ses festivals de musique, de cinéma et des arts de rue, Rabat et son cinéma d'auteur, Mawazine et Jazz au Chellah, Salé et le cinéma des femmes et la musique des jeunes, Oujda et le festival de Raï, Fès et sa musique sacrée, sa culture soufie, Laâyoune et son Rawafid Azzawane, Zagora et le cinéma transsaharien ou les musiques africaines….

Un festival, des objectifs
Cela dit, l'été est déclaré «saison des festivals de musique». On se demande d'ailleurs pourquoi. La réponse à cette interrogation, nous la tenons de la bouche de Neïla Tazi, d'A3 Communication- l'agence chargée de l'organisation de nombreux festivals nationaux dont ceux d'Essaouira et de Casablanca – «C'est la saison des festivals un peu partout dans le monde. Il fait plus beau, ce qui convient aux concerts qui se font en plein air. C'est la période des vacances, il y a plus de monde dans nos villes, plus de touristes, de MRE.» Mais finalement, à quoi servent ces rencontres populaires autour de la musique ? Hicham Abkari, nous répond : «Un festival est avant tout un vecteur culturel, social et économique de grande envergure. C'est un véhicule d'un besoin indispensable qu'est la musique. C'est l'occasion qui permet aux populations d'accéder facilement à cette forme culturelle, de se retrouver en groupe dans les rues, d'investir l'espace public et de se l'approprier mais aussi d'avoir une considération pour les services publics comme la police, la protection civile…

Un festival, en offrant des moments de fête et de joie, permet aux citoyens d'oublier certains problèmes qui pèsent sur leur quotidien.» Outre ses bienfaits festifs sur la population, un festival de musique crée également une dynamique artistique par la présence des artistes qui sont en contact avec le public et qui viennent leur présenter directement leurs productions. «Le culturel et l'artistique souffrent sans les festivals», renchérit Brahim El Mazned, directeur artistique de Timitar. Ce n'est pas tout car ces évènements ont également des retombées sur l'économie locale et même régionale. Des petits marchands ambulants aux restaurants en passant par les unités hôtelières et les moyens de transport, un festival crée une effervescence économique et une promotion touristique dans la ville.

A travers les différentes valeurs véhiculées par chacun de ces évènements, le Maroc renforce son image de pays qui conserve ses traditions et son patrimoine tout en s'ouvrant sur le monde. «Un festival est un moyen de communication sur les valeurs de notre pays afin de rehausser son image pour nous-mêmes et à l'étranger», ajoute Abkari.

Les clés de la réussite
Divertissement, rayonnement culturel, développement économique…Si les festivals sont fructueux par l'importance des objectifs qu'ils visent à atteindre, il faut savoir que leur réussite dépend de nombreux facteurs. «Pour qu'un festival réussisse, il faut d'abord qu'il soit en dialogue avec son espace, son patrimoine, les particularités culturelles de sa ville mais qu'il soit en même temps ouvert sur le monde», déclare Brahim El Mazned. En effet, un festival ne peut réussir s'il n'implique pas d'abord la population locale, les pourvois publics mais aussi les sponsors qu'il doit garder tout au long de son existence.

Hicham Abkari confirme: «Les spectateurs doivent se réapproprier le festival, sentir que c'est le leur. Un festival ne meurt jamais tant qu'il y a une population qui le revendique.» Cependant, pour que les spectateurs soient informés du festival, il faut axer ses efforts sur la communication. Neïla Tazi déclare : «L'autre succès des festivals repose sur la capacité à communiquer fort sur le programme, ses différentes sections et les cibles de chacune sans oublier les stars et musiciens invités.» Outre la pertinence du contenu artistique, un spectateur donne beaucoup d'importance aux tarifs des spectacles payants et au volet sécurité dans les lieux des spectacles, qu'il visite seul, en couple, entre amis ou en famille.

Raison pour lesquelles les organisateurs restent attentifs au moindre détail. Neila Tazi, nous cite les priorités à respecter. « Une bonne organisation repose d'abord sur le choix du lieu qui doit être stratégique et adapté à la population ciblée. On pense ensuite à la gestion des entrées et sorties du public afin qu'il n'y ait pas de promiscuité, au dispositif de sécurité, au barriérage, à la qualité de la sonorisation car une fois qu'elle est bonne, le public accepte de rester loin de la scène. » Selon El Mazned, les éléments qui distinguent un festival d'un autre résident dans le bon service offert au public et aux invités. « Il faut qu'il y ait une rigueur dans la gestion de l'accueil et de l'hébergement des artistes», conclut-il.

Des programmes sans faute
Une fois les conditions de la bonne organisation remplies, on pense à la programmation. Une chose est sûre, tous les festivals se battent pour avoir le meilleur programme et les meilleurs artistes. Ce qui n'est pas facile car ce détail, qui nous paraît parfois futile, dépend de plusieurs facteurs dont le thème et les valeurs du festival, le budget alloué, la disponibilité des artistes…

Si on parcourt un peu les programmes de nos évènements musicaux, on se rend compte que ce sont les mêmes genres qui sont à l'honneur. Ainsi, on invite une vedette de la scène arabe ou internationale ou plus pour drainer les masses, les stars marocaines pour garder les références nationales, les grands noms de la chanson populaire pour le grand public et bien évidemment les groupes de la nouvelle scène qui plaisent aux jeunes. « Cette richesse dans le menu est une nécessité car il s'agit de genres musicaux qui ont leur public. L'épreuve est dans cette cohérence entre les styles, c'est pour cela que nous prévoyons des scènes thématiques car il faut savoir que les spectateurs viennent pour écouter la musique dans toutes ses formes et pas uniquement celle qu'ils connaissent ou aiment», explique Brahim El Mazned.

Cette multitude de genres demeure indispensable pour représenter notre richesse culturelle. Mais si la diversité des genres correspond à la diversité des goûts, qu'en est-il de ces artistes qui font le tour des scènes nationales ? « C'est normal qu'il y ait des stars qui reviennent mais le plus important c'est qu'ils reviennent avec une nouveauté…la scène musicale ne se renouvelle pas chaque année et donc, les mêmes artistes restent. Cependant, il ne faut pas plonger dans la facilité et les effets de mode. Au contraire, il faut apporter la nouveauté tout en gardant les références musicales et les grosses pointures afin de permettre au spectateur de connaître les vraies valeurs musicales», nous répond Abkari.

Une motivation qui a poussé même les festivals thématiques à inviter d'autres styles et s'ouvrir sur les musiques du monde. « La dimension des musiques du monde est présente et se crée actuellement partout dans le monde. Les réseaux culturels et politiques l'ont choisie comme moyen de dialogue entre les peuples et les cultures. Au Maroc, elle est légitime vu la richesse de notre patrimoine musical et artistique. Le Maroc est placé dans ces musiques du monde avec sa musique gnaoua, berbère et autres… », affirme Neïla Tazi, directrice du festival Gnaoua et musiques du monde. Cette ouverture et cette généralisation sont parfois un subterfuge qui évite la mort d'un festival mais c'est aussi un moyen pour s'ouvrir sur de nouveaux horizons. « Timitar, par exemple, est un festival à identité amazighe mais il est ouvert sur l'ensemble du Maroc et du monde pour toucher un public plus large», déclare Brahim El Mazned.

C'est pour tout le monde
Certains festivals, au départ, se sont donné une image élitiste mais au bout de quelques années, ils se sont ouverts sur le public en offrant des parades dans les rues ou en proposant des concerts gratuits sur des sites accessibles et au centre de leurs villes. Ce choix crée parfois une dualité du public. On voit alors deux types de spectateurs, les premiers, plus avertis et plus classes, payent leurs billets et accèdent aux espaces privilégiés tandis que les seconds, se retrouvent dans des lieux qui n'offrent pas les mêmes conditions de confort. Neïla Tazi, nous en explique les enjeux « La billetterie est indispensable pour de nombreux festivals qui sont devenus de véritables entreprises. C'est un moyen de financement comme les autres. En plus, il y a certaines conditions d'écoute et de travail pour les artistes qui ne peuvent être respectées que dans des espaces fermés. »

Que ce soit dans un espace payant ou gratuit, les Marocains montrent un grand engouement pour les festivals de musique et sont prêts à investir de nouveaux espaces et de nouveaux évènements.

Les activités parallèles
En plus de la musique, les festivaliers ont souvent droit à d'autres activités parallèles. Expositions d'arts plastiques ou de photographie, projections de films, rencontres débats, résidences artistiques…sont autant de rendez-vous que les organisateurs proposent aux spectateurs. «Ces activités permettent d'investir l'ensemble de l'espace urbain et non seulement les scènes des festivals.

Cela permet également de toucher et d'intégrer différentes personnes et pas uniquement les mélomanes dans notre vision», nous explique Hicham Abkari. Du côté 100% musique, de nombreux festivals ont inclu dernièrement des résidences artistiques dans leur programme.
Selon Abkari, les résidences artistiques permettent au festival de générer la création au lieu d'être un diffuseur seulement.


Par Khadija Smiri | LE MATIN
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