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 "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain

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tamzilte
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MessageSujet: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:20

Le cheval, parure obligée des fêtes et des cérémonies


Extrait de l'article de et-Tayeb Houdaïfa

Dans le bestiaire de la culture marocaine, le cheval dépasse en effet de loin lion, gazelle et chameau, généralement exaltés dans les sociétés arabes, sans parler de ses semblables équidés, tels l’âne ou le mulet, qui lui servent de faire-valoir. On en veut pour preuve sa mise à contribution incontournable dans les fêtes.

Le cheval, parure obligée des fêtes et des cérémonies...
Selon une coutume, en déclin dans les centres urbains mais encore vivace dans les villages, les campagnes et les montagnes, le matin de sa circoncision, l’enfant, vêtu d’un large seroual et d’un gilet de velours vert, est juché sur un cheval par son père, qui se tient derrière lui, et promené ainsi à travers les rues pour rendre public l’événement.

C’est aussi sur un cheval, dans les mariages berbères, qu’isli (le marié), accompagné de sa suite, se rend de douar en douar, pour faire part de la cérémonie. Tislit (la mariée) quitte la maison familiale sur une jument menée par la bride par ses proches et parents, pendant que des cavaliers s’efforcent de capturer le fiancé, lequel ne doit compter que sur les jarrets de sa monture pour pouvoir leur échapper. Enfin, il n’est pas rare d’assister, dans les campagnes, au simulacre de rapt à cheval de la mariée, défendue et protégée par sa tribu.

Lors du moussem, cette fête collective, le cheval est le «personnage» central, à travers ce spectacle toujours fascinant baptisé fantasia ou «tbourida». «Simulation de l’action militaire traditionnelle au XIXe siècle, elle reproduirait les glorieux assauts de la tactique militaire arabe et berbère, où une vive retraite succédait à une attaque fulgurante. Aujourd’hui, la charge de poudre, ou baroud, a remplacé le coup d’arbalète», expliquent Marie-Pascale Rauzier, Cécile Tréal et Jean-Michel Ruiz, dans Moussems et fêtes traditionnelles au Maroc (ACR Edition, 1997).


... et la muse de la chanson et de la poésie orale
Doté de qualités incomparables, aux yeux des Marocains, le cheval donne lieu à une pléthore d’adages, de dictons et de proverbes, dont voici un florilège :

- S’il y a de l’argent dans le gousset et un cheval dans l’écurie, c’est parfait, mais l’avidité est une peste;
- Le cheval arabe est maigre, mais il vaut mieux qu’un troupeau d’ânes;
- Le jour de la course, mieux vaut un cheval maigre qu’un bœuf bien gras;
- Quand on est au milieu de la rivière, on ne change pas de cheval.

Considéré comme le plus noble des animaux, le cheval est l’hôte privilégié de la chanson marocaine, ainsi qu’il résulte de nombreux écrits tels Chants anciens des femmes de Fès de Mohamed El Fassi (Seghers, 1967), Musiques du Maroc de Jean Lortat-Jacob (Vogue) ou Chants des femmes arabes, d’Elisa Chimenti (Plon, 1942). Les fiers alezans, les impétueux pur-sang et les chevaux bien croupés, avec leurs superbes cavaliers, hantent la aïta (cf. Rkoub Lkhayl). Dans les chansons de Nass El Ghiwane, il est question de sept poulains paissant des coquelicots, de chevaux qui connaissent bien ceux qui les chevauchent, d’essaims de coursiers gardés par des pasteurs et de la beauté de la fantasia.

Le groupe Lemchaheb a fait des khayyala (les cavaliers) le thème principal d’une de ses chansons où il évoque, pour imager la déraison ambiante, des cavaliers qui ligotent leurs montures et enfourchent l’ombre. Ailleurs, pour pleurer un mort, Lemchaheb utilise la métaphore du cavalier sur lequel sa selle s’est retournée. La musique andalouse n’est pas avare d’allusions au cheval et au cavalier : «Lorsqu’il monte à cheval, il ressemble à un roi au milieu de son armée. Et quand il descend, on dirait un archer qui veillait sur les murailles…», dit une chanson.

Par sa résonance symbolique et sa puissance évocatoire, le cheval inspire abondamment la poésie orale. Des travaux comme Poèmes chleuhs recueillis au Souss, de Louis Justinard (Revue du monde musulman, LX, 1925), Intoduction à la poésie marocaine de Ahmed Bouânani (Souffles n° 3, 1966) ou Recueil de poèmes chleuhs de Paulette Galand-Pernet (Klincksieck, 1972) mettent en lumière ces poèmes où le cheval est souvent associé à l’amour :
Je voudrais planter du thé sur le dos de mon cheval / Avec quelques rameaux de menthe / J’aurais mon fusil en travers de la selle / Et ma bien-aimée logée dans mon bissac.


Un modèle incontournable pour les peintres
Pour son caractère esthétique, le cheval est choisi par les artistes. Naguère, les modestes foyers comme les échoppes d’artisans étaient ornés d’images en provenance de Turquie, via l’Egypte où elles étaient imprimées.

Celles que goûtaient particulièrement les Marocains étaient la représentation de Sidna Ali, dressé sur son fougueux destrier, passant au fil de l’épée Ras el ghoul, ou celle de Antar Ibn Chaddad, monté sur un cheval couleur de jais, croisant le fer avec les guerriers d’une tribu ennemie, et surtout le Borak, monture ailée du Prophète, avec un visage de femme, des oreilles d’âne, un corps de cheval et une queue de paon.

Mais c’est dans la peinture que le cheval est le plus célébré. Les orientalistes, à l’image de Jacques Majorelle, l’ont montré sous toutes ses robes, croupes et chanfreins. Dans la palette des figuratifs comme Amayoud, Belcadi, Boukhari Houmaine ou Toumi, il est omniprésent.

Chez Hassan El Glaoui, il est un thème obsessionnel. Alors adolescent solitaire, ce dernier avait acquis, grâce à ses économies, un poulain, qui ne le quitta plus. L’attachement de son fils à la bête déplut fortement à l’ombrageux pacha Thami El Glaoui, qui envoya le fringant équidé paître l’herbe de Telouet. Hassan El Glaoui ressentit cette séparation comme un sevrage. L’image de son compagnon l’obnubilait. Elle réapparut, d’abord, démultipliée dans ses gouaches, puis, plus tard, sur ses toiles.

Au cheval, on prête d’infinies vertus. Celle d’exorciser les démons n’est pas la moindre. «Quand il hennit, il met en fuite les jnoun, ou casse la tête de quarante d’entre eux», rapporte Edward Westermarck dans Survivances païennes dans la civilisation mahométane (Payot, 1935).

Il porterait bonheur. D’où ces fers à cheval que l’on trouve sur les murs des maisons, ou reproduits sous forme de bijoux. D’ailleurs, tout ce qui touche au cheval, les rênes, le mors, les fers, les clous, est censé apporter la baraka. Et, avec celle-ci, la prospérité. Ce qui explique, vraisemblablement, la raison pour laquelle la Banque populaire en fait son emblème. Bref, le cheval incarne la force bénéfique. Et c’est à ce titre que les dinandiers de Fès ou de Marrakech s’en servent comme motif de leurs plateaux de cuivre ciselé ou les potiers de Safi dans leurs assiettes peintes. En 1962, pour fêter son 50e anniversaire, la Poste a imprimé un timbre figurant un facteur à cheval, porteur de bonnes nouvelles. L’animal, bien entendu, pas l’homme.

Le cheval est, d’abord, lié à la puissance. C’est pourquoi les souverains se présentent à leurs sujets à cheval lors des fêtes et de la cérémonie de l’allégeance. Une tradition remontant au XVIIe siècle, ensuite abolie sous l’ère de Hassan II, voulait que les étudiants des médersas élisent, à la fin de l’année, un des leurs comme sultan «pour de jeu».

Une fois intronisé, ce dernier constituait son gouvernement, puis prenait ses quartiers en dehors de la ville. Et c’était sur un cheval prêté par les écuries royales, au harnachement en tous points semblables à celui du vrai sultan, qu’il s’acheminait vers son campement.


Puissance, bravoure, endurance, les valeurs attachées au cheval
L’endurance est aussi un trait prêté au cheval, ainsi que l’illustre une marque de piles. On l’assimile souvent à la liberté. Le poète, politicien et peintre Mahjoubi Aherdan soutient que la philosophie berbère repose sur une trinité : le cheval, qui symbolise la liberté du Berbère, le fusil, instrument de son indépendance, et la femme, qui constitue sa survie :

Le cheval est la fierté du cavalier / Le feu joue dans mon sang / Et la plaine est si grande / Mon cheval, quand il veut, dépasse le vent / Et ma main le commande.
A propos de vent, une légende veut que si on laisse les juments la nuit près du marabout de Sidi Bouzid (près d’El Jadida), elles ont des chances d’être fécondées par les vents et de donner le jour, ensuite, à khil errih (chevaux du vent). Voilà qui révèle la place de choix du cheval dans l’imaginaire marocain.


Source: http://www.lavieeco.com/
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tamzilte
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:21


le cheval..orgueil du Marocain
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:23


Cavalières Doukkalies
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:25

Ci-dessous un ensemble de tableaux sous thème: cheval & fantasia



cavalier arabe
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:26


cavalier marocain
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:26


Fantasia berbère à marrakech
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tamzilte
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:27


Fantasia à Marrakech
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:28


Fantasia Marocaine
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:28


Fantasia à Meknès
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:29


chasse au faucon
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Mer 29 Oct - 9:31

La Fantasia, appelée également « jeu de la Poudre » — ou « irar s tghallin » (jeu avec les juments) en chaoui —, est une manifestation équestre que l'on retrouve dans diverses regions d'Afrique du Nord.

Cette tradition berbère — pratiquée dans tout le Maghreb — consiste à simuler un assaut militaire de cavalerie. Ces courses brèves font concourir principalement des chevaux barbes, légers et aériens, portant un harnachement d'apparat très coloré.

Le but de l'épreuve est de terminer la course en tirant un coup de fusil en l'air, au même moment, pour n'entendre qu'une seule détonation. C'est alors l'intensité des « youyous » des femmes qui détermine les vainqueurs
.

(Source Encyclopedie Wikipedia)
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Lun 9 Mar - 6:00

Vernissage d'une exposition de 25 photographies de fantasia


Le vernissage d'une exposition de 25 photographies de fantasia s'est déroulé jeudi soir à la Galerie Fan-Dok à Rabat, où trois artistes, Mustapha Meskine, Gérard Bayssière et Gabriel Boiselle se sont donné le mot pour concentrer en quelques pixels la fougue et l'ardeur de chevaux faisant corps avec les cavaliers.



Les trois artistes fondent en grande partie leurs clichés sur un ensemble de touches loin de tout folklore, qui confère à leurs ouvres une dimension presque picturale, plus particulièrement chez Meskine et Bayssière.
Les cavaliers et leurs montures sont immortalisés de façon telle qu'ils apparaissent en mouvement sous tension, jamais dans une posture instable. Une grande maîtrise ! Au premier regard, le visiteur peut être désaxé par ce vertige que donne le tourbillon des formes et des couleurs imprimées aux chevaux et leurs montures. Mais l'élégance naturelle bien immortalisée sur les photos le réoriente.
Meskine, pour qui "la photographie demeure un art idéal", utilise son appareil tel "un pinceau", comme il a tenu à le dire lors du vernissage où il expose 12 photos.

Ce photographe, dont les oeuvres font partie de collections publiques et privées, base son travail sur le mouvement du cheval et la lumière qui l'accompagne comme éclairage, le but étant de "faire ressortir une impression picturale abstraite", a-t-il déclaré à l'agence MAP. Lauréat en 2008 du Grand prix de la National Geographic Society, Meskine se réjouit du fait que ses photos, chaque fois qu'elles sont regardées, sont prises pour des peintures parce que justement, "elles ne sont pas figées, ni retouchées, mais prises sur le terrain", a-t-il dit. Bayssière, qui est né à Fès (1946) et a travaillé au Maroc en tant que photographe professionnel jusqu'en 1976, expose plus d'une vingtaine de photos où montures et cavaliers se présentent dans des postures énergiques avec des apparats rivalisant d'élégance et de raffinement de l'artisanat marocain.Epris de fantasia, il la définit comme "une tradition populaire, un véritable fait culturel et initiatique, fondamental. La preuve en est qu'au moment de la charge -sorba ou baroud- que le public présent connaît parfaitement la fantasia". Et de renchérir : "Elle est un art, la fantasia.

Certains sont allés jusqu'à parler d'un art martial à son sujet parce qu'il reste régi par une éthique et une capacité d'agir ensemble. Les Cavaliers font corps avec les chevaux, une osmose existe entre eux". Ses photos, ou ses "fichiers" comme il désire les appeler, Bayssière les situe "à mi-chemin entre le net et le flou total qui donne une vision abstraite". Il cherche, lorsqu'il fixe son objectif, "une harmonie des couleurs hors du traitement de la photo". Gabriele Boiselle, une Allemande célèbre pour ses chevaux qu'elle élève comme ses propres enfants, expose, pour sa part, une douzaine de clichés grand format dont certains donnent l'impression d'être pris la nuit ou en crépuscule, d'autres à l'aube, et qui installent le visiteur dans une atmosphère fabuleuse, un songe presque. Boiselle, qui court les écuries du monde entier (Etats-Unis, Espagne, Hongrie, Mongolie, Irlande et Maroc notamment), édite en 1984 son premier calendrier, "Fascination", sur le thème des chevaux arabes.

Arts équestres traditionnels
Jadis, la fantasia commémorait la fête des semailles et des moissons. Elle rythmait ainsi le temps social des tribus et des hommes. La perte de l'identité rurale, les déséquilibres sociaux et l'augmentation des frais d'entretien des chevaux rendent aujourd'hui difficile l'organisation d'une telle manifestation. L'Etat apporte heureusement son soutien à l'art de la fantasia en prenant en charge l'organisation des fêtes nationales et religieuses.

Les fantasias sont devenues le meilleur spectacle destiné à séduire les touristes et à entretenir le folklore, pierre angulaire de la stratégie touristique.
Depuis plusieurs années, les autorités ont mis en place un «festival des Arts équestres traditionnels» qui est suivi de la «semaine du cheval».


Par Roukane El Ghissassi -MAP | LE MATIN
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MessageSujet: Re: "Iyyiss" ou cheval, orgueil du Marocain   Sam 4 Avr - 4:29

Fkih Ben Saleh
Cavaliers, à vos montures !


Le temps d'un festival, la passion séculaire pour le cheval est perpétuée

«Mille et une montures" et leurs cavaliers ont investi la ville de Fkih Ben Saleh devenue, le temps d'un festival, capitale de la ''fantasia'', perpétuant ainsi la passion séculaire pour le cheval.




Le Festival du cheval de Fkih Ben Saleh (1-5 avril), qui a gagné en notoriété, est désormais inscrit sur les agendas des passionnés et amateurs de chevaux qui se donnent rendez-vous pour animer de belles chevauchées et partager la passion qu'ils portent à cet animal.

"La perpétuation de cette pratique, les compétences qu'elle mobilise et les valeurs de lutte, de courage et d'efficacité qu'elle véhicule doivent devenir le creuset d'une transmission orale, d'un apprentissage pratique pour les nouvelles générations", insistent les organisateurs. Le festival veut réunir "mille et un chevaux" et leurs cavaliers dans une fête qui honore le lien solide et profond qui a toujours uni l'homme et le cheval arabe dans la région de Tadla-Azilal, souligne le directeur du festival et président de la commune urbaine de la ville, Mohamed Mobdie. Ce rendez-vous s'inscrit aussi dans un projet global consistant à garder vivante la connaissance du cheval, à faire entendre la voix de cette région et à mieux fonder ses prétentions légitimes au développement socio-économique, selon M. Mobdie.

Ainsi, plus d'un millier de cavaliers, venus de toutes les régions du Royaume, animent jusqu'au 5 avril des spectacles époustouflants de toutes sortes dans le but de consolider une tradition ancestrale que les tribus des Béni-Amir et Béni-Moussa ont associée aux moussems traditionnels les plus prestigieux de la région, tous dans un ballet où se mêlent les couleurs chatoyantes, le bruit de détonations et l'odeur de la poudre, aux sons des youyous. Fiers du succès des éditions précédentes, les organisateurs récidivent encore une fois cette année en donnant à cette 7e édition une conception riche et diversifiée où la culture sera ainsi mariée au sport et au divertissement, le tout pour créer une ambiance de convivialité festive et où les pures traditions seront à l'honneur.

Les organisateurs promettent une grande animation. Pour ce faire, ils ont concocté un menu aussi riche que varié: fantasia, musique, cinéma, divertissement et commerce. Point d'orgue de cette manifestation: la ''tbourida'' et ses cavaliers téméraires parés de leurs plus beaux atours à dos de leurs chevaux splendidement harnachés venus de toutes les tribus de la région et d'ailleurs. Le social et le divertissement n'étant pas en reste, le programme comprend une opération de circoncision de 400 enfants issus de familles nécessiteuses ainsi qu'une compétition de tir aux pigeons.

Le sport sera également de la partie avec l'organisation, samedi, d'une course sur route avec la participation d'athlètes nationaux et internationaux.
Côté invités, d'illustres artistes ont répondu présent, parmi lesquels Batoul Marouani, spécialiste des chants hassanis et de la danse de la ''guedra'' et qui reste l'artiste la plus représentative du répertoire sahraoui avec sa poésie, ses "Mawawil" et ses chants du Sahel. Egalement danseuse de grand talent, elle exécute de façon sublime la danse de la ''guedra''. Placé sous le signe "Cheval : passion sans frontières", ce festival est organisé par la commune urbaine de Fkih Ben Salah sous la présidence d'honneur de S.A.R. la Princesse Lalla Amina, Présidente de la Fédération royale marocaine des sports équestres.

Le cheval dans l'histoire
Les cavaliers émérites du Royaume ont de tout temps honoré le cheval dont la présence dans la région du Maghreb remonte à plus de 3.000 ans. La fantasia fait aujourd'hui encore partie intégrante du patrimoine culturel national et continue de représenter un moment- phare dans les moments de grandes fêtes ou de célébrations...
La fantasia ne serait rien sans son cheval de prédilection: le cheval barbe. Né d'un croisement entre le pur-sang arabe et un cheval local de l'Afrique du Nord, le barbe est réputé pour sa robustesse et sa résistance aux variations climatiques du désert. Sa taille moyenne varie entre 1,45 et 1,62 m au garrot. Sa tête est forte et plutôt longue avec un profit rectiligne ou convexe et à la différence du pur-sang, le barbe a une queue attachée bas et une croupe oblique et creuse.
Son garrot est placé haut avec des épaules plates. S'il est choisi pour la fantasia, c'est pour sa rapidité sur de courtes distances, son agilité et son incroyable endurance. Il est aussi réputé pour sa puissance qu'il déploie dans un temps limité mais avec générosité. Le barbe a, en plus, un très bon caractère: docile et non craintif, il fait une excellente monture pour la fantasia. Dressé dès son plus jeune âge, et parallèlement à l'entraînement des jeunes cavaliers, il est habitué aux détonations et aux ambiances festives du concours équestre.

Par Abdellatif Touzani-MAP | LE MATIN
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